Comme je le pensais, la nuit n'a pas été terrible. Mais le positif est que je n'ai pas eu d'orage, yep yep yep. Donc j'ai pas trop dormi, j'aurai pu mettre les boules quiess mais je préférais rester en état d'alerte. Alors qu'il y en a qui chante « le bruit du frigo », là, c'était plutôt « le bruit des voitures » pendant la nuit. C'est pas grave, c'est passé, faut se relancer avec un Pépito crevé et donc se mettre en tête de faire 35 kms à pied. Je remballe le matériel et après j'essaie de m'occuper de Pépito à ma manière. Je découvre donc que les sardines d'une tente peuvent aussi servir à retirer le pneu, c'est un début. J'essaie de remettre une autre rustine que j'avais acheté hier. Avec la chambre à air dehors, ça va, mais une fois tout remis en place, ça ne fonctionne plus, saleté de rustine. Du coup, je coupe un morceau de tissu qu'on m'avait donné pour déjà bloquer ma béquille. Et je fais un gros noeud sur la rustine. Mes 2 tentatives ne fonctionnent pas. J'essaie une dernière fois en changeant la position du noeud et vla ti pas que, même la chambre à air à l'intérieur du pneu, ça fonctionne, yeahhh. Maintenant, faut savoir combien de temps ça va durer. Je me dépêche donc de mettre les sacs sur le vélo et de partir. 5 kms après la réparation de fortune, je suis toujours sur le vélo, je fais déjà mieux que les mécanos, lol. 10 kms après, Pépito est toujours véloce même si il a perdu un tout petit peu d'air. Je passe par un chantier, ça m'évite de rallonger le parcours, je profite pour remplir un peu le bidon d'eau avec les gars de chantier. Ils me disent que je suis à 20 kms du centre. J'en suis donc à 15 kms avec Pépito, c'est toujours ça. 2 kms après le chantier, je vois un mécano, la question se pose : « je continue avec la rustine de fortune ou bien je joue la sécurité ». Ne jouons pas avec le diable, je préfère assurer. Je répare donc ma rustine de fortune avec une autre, toute propre et je peux enfin repartir. Résultat, après 5kms, je commence à dégonfler, pas cool du tout. J'essaie de remettre de l'air avec ma pompe, l'embout se défait et donc cela dégonfle entièrement mon pneu (saleté de pompe chinoise). Là, ça commence à m'énerver car cela veut dire que je dois finir à pied. Au bout de 2 kms, j'arrive au pont qui passe au dessus du canal de Panama. Les flics qui sont au début du pont me disent de bien faire gaffe. Au début du pont, il y a comme un passage piéton mais vraiment pas large, juste la largeur du guidon avec un mur du coté des voitures pour nous protéger. J'avance donc lentement car c'est un peu galère avec Pépito. Un tiers du pont passé, le passage piéton est finit, je dois passer sur la route. Il y a juste un petit trottoir ridicule sur lequel je peux mettre les roues de pépito. Arrivé en haut, je me mets sur Pépito même si je dois rouler sur la jante. C'est la fin du périple vélo, tant pis si je mets en l'air la jante. Comme de l'autre coté, je retrouve ma piste piétonne ridicule (enfin ridicule quand on est avec un vélo) pour finir le pont. J'aurai vraiment galéré à le passer ce pont. Environ 40 min pour faire environ 2 kms, je crois qu'on peut faire mieux. Mais c'est passé, du coup, quelques centaines de mètres après, je m'étale comme une grosse m...e sous un pont à l'ombre. 15 minutes de repos avant de repartir. Et maintenant j'ai un vrai trottoir et il devrait me rester 7-8 kms, ça devrait le faire. 1 km après la pause, il y a une station essence, je devrai pouvoir remettre de l'air et peut être faire 2-3 kms en vélo. Je prends d'abord un peu de boisson gazeuse pour avoir un peu d'énergie spontanée, je n'ai rien mangé depuis hier midi. Et je mets donc de l'air dans la chambre à air. Et là, c'est le drame. En ayant Pépito à mes cotés depuis quelques temps, je n'avais pas fait attention que la chambre à air était un peu sortie. Du coup, ça a du coincer à un endroit et BOUM, plus de chambre à air. J'étais parti pour finir à pied, je n'ai donc vraiment plus d'autres solutions. Finalement, je suis dans le quartier que je cherche environ 3 kms après la station service et je ne galère pas à trouver une piaule à tarif convenable (avec piscine sur le toit???? Je découvrirai par la suite que c'est un bassin de 3x3 avec une 40aine de cm de profondeur) où je peux ranger pépito en sécurité. Je peux enfin vraiment me poser et le périple avec Pépito est terminé. Ces 2 derniers jours auront été l'apothéose de ce voyage. Comme si toutes ces crevaisons n'avait pas pu s'étaler sur les 40 jours précédents???? Et là, je me dis que j'aurai vraiment du revendre Pépito au gars de hier. Espèce de tête de c.. Ronan. Je peux donc enfin me poser, prendre une bonne douche et mettre des habits propres (je roule avec les mêmes habits depuis 4-5 jours, le t-shirt, il est tout beau et il sent tout bon...). Dans ma chambre, je suis avec un népalais.... Il ne doit pas y en avoir beaucoup à faire du tourisme tout seul??? Maintenant, je suis prêt, je peux aller me balader dans Panama. Je fais à peine 300m en ville que le son d'une voix ricoche dans mon oreille « cuatro pińas, oun (à l'espagnol) dollars ». Wouah, 4 ananas pour 1 dollars. Au cours du dollars actuel (on paie en dollars au Panama, c'est leur nouvelle monnaie) cela fait 4 ananas pour environ 70 cts d'euros. Je ne fais ni une, ni deux, je prends mes 4 ananas et retourne à l'auberge, ça pèse. Et surtout, je veux en manger un de suite. Ah, enfin un peu de plaisir dans cette journée.
Du coup, l'après midi est bien entamé, je me balade en bord de mer. Je croise mon népalais avec qui j'essaie de discuter un peu (il ne parle pas espagnol et très peu anglais). Donc l'explication de son voyage, c'est juste qu'il veut rejoindre les USA. De ce que j'ai compris, cela donnerait :
il a fait un voyage Népal – Équateur
Il est passé illégalement en Colombie.
De Colombie, pour aller au Panama (frontière très surveillée), il a pris une lancha, s'est tout fait voler ses affaires. Du coup, il est passé par la jungle. Arrivé au Panama, il s'est fait contrôlé par la police et a donc atterri dans un camp de réfugié. Ne l'expulsant pas, il y serait resté 8 mois (ou bien 8 mois en taule) avant qu'ils le relâchent comme ça. Donc maintenant, il avance à nouveau tout en sachant qu'il risque à nouveau de refaire quelques mois dans un camp ou bien en prison. Mais il m'a dit qu'il n'est pas pressé, il a 2-3 ans pour rejoindre les USA.
La discussion un peu saccadée finie, je continue ma balade sur le front de mer. Il se fait vite faim dans mon bidon, l'ananas ne m'a pas rempli. En rentrant vers ma demeure, que vois je sur la route? Un pélican qui veut se suicider... Il ne bouge pas et fait son caïde face au voiture. Je me transforme donc en gendarme pour faire la circulation sur cette 2 voies en sens unique. Mais le pélican ne veut pas en savoir plus et veut même me chiquer les jambes avec son bec. Quelques minutes après le début de mon intervention, 2 autres gaziers arrivent et m'aident. On arrive enfin à pousser le pélican hors de la route, à le mettre dans un sac pour le mettre plus à l'abri du trafic urbain. On apprendra par des locaux que les pélicans meurent comme ça. Ils se mettent à un endroit, ne bougent plus et se laissent mourir. Là, il sera sur la digue, ce sera déjà un peu mieux, il aura plus de chance de faire perdurer la tradition. En discutant avec un des gars du sauvetage, il me dit qu'il cherche un vélo, v'là le coup de bol. On en discute, il passe voir pépito et semble intéressé. Il devrait repasser demain. Pas grand chose après. Ah si, je pars en vacances, j'ai réservé quelques jours, je pars après demain.
Soir, une bonne pizza mais ça me remplit pas, je prends aussi des pâtes, j'ai trop faim.
Et puis gros dodo.
PS : Panama est une ville étrange. Il y a d'un coté un vieux Panama et de l'autre, on se croirait à New York avec tous ces buildings. J'avais bien vu un poster quand j'étais à Almirante, mais quand on y est, ça impressionne, ça fait longtemps que j'ai pas vu ça.
PS 2 : environ 30 kms aujourd'hui
PS3 : je déconseille fortement le passage du pont du canal de Panama à pied avec un vélo à coté.
PS4 : après une première semaine vraiment pas facile où je ne pensais pas du tout arriver ici, je l'ai fait. Globalement (hormis les 2 derniers jours), je pense avoir eu de la chance le long de cette balade en vélo. Je n'ai pas trop eu de problèmes mécaniques avec ce vélo d'occas, j'ai assez bien réussi à éviter les pluies. J'ai pris quelques orages sur la tête mais c'est aussi le jeu ma pauv' Lucette.
PS5 : J'ai eu énormément de salutations lors de cette balade en vélo. Là où les sourires étaient courant, il y en a quand même qui mériteraient un tampon sur leur passeport « peut travailler à Paris ». Ma plus grande déception est le Costa Rica. Ce pays est devenu un pays développé. De ce que j'ai vu, il n'y a plus d'âme là-bas. Il y a surement des belles choses à voir, mais tout me semble trop rapporté à l'argent. Je n'ai pas fait tout le pays, mais peut être qu'avec les paysages que j'ai déjà vu avant, je recherche plus le coté humain que les paysages même si je ne crache pas sur ceux-ci.
Une bonne nuit dans les fourré&s, surtout pour Pépito (derrière à droite le petit arbre)

Un peu de circulation pendant la nuit

La méthode artisanale pour réparer une crevaison (et ça tient mieux que le truc des pros)

Le pont du canal de Panama

Sur le pont, recto

Sur le pont, verso
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire